En 2014, le triple vainqueur de l’Urge 1001 Enduro Tour a fait sensation en prenant la 5e place du classement général des Enduro World Series. Un résultat auquel le Levensois ne s’attendait pas, mais sur lequel il capitalise aujourd’hui pour viser encore plus haut en 2015. Rencontre avec le pilote Rocky Mountain, que tout le monde présente comme l’un des plus grands espoirs de l’enduro français pour la prochaine décennie (à commencer par Jérôme Clémentz, qui vante ses talents dans une interview sur Vital-MTB). Et pourtant, il a commencé le vélo un peu par hasard, à l’âge de onze ans…

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Salut Flo. Comment te sens-tu en ce début de saison 2015 ? 

J’ai eu l’occasion de faire mes premières courses de l’année en janvier à Vence (4e à cause d’une pédale cassée) et Rocheville (vainqueur). La forme commence à peine à arriver, soit environ un mois et demi plus tard que l’année dernière, ce qui devrait me permettre de rester en forme jusqu’à la fin de saison 2015, à la différence de 2014 où j’ai commencé à serrer à la fin de l’été. Bref, tout va bien pour le moment.

Malgré tout, 2014 fut une grande saison pour toi. Raconte un peu…

J’avais repris l’entrainement très tôt fin 2013, avec de suite beaucoup de foncier et des grosses charges d’intensité. Avant de m’envoler pour la première manche des Enduro World Series 2014, j’ai fait toutes les courses de début de saison… et je les ai toutes remportées. Pour autant, je suis parti au Chili sans jamais penser au podium, loin de là. Beaucoup de personnes de mon entourage, mes amis et mon mécano Nico me disaient que j’allais bien rouler, mais ça me paraissait impossible. Quand j’ai vu mon nom s’afficher à la 3e place le dimanche soir, j’ai demandé à Nico s’il s’agissait de la dernière spéciale, mais non, c’était bien le général… Je n’y croyais pas… C’était INCROYABLE ! Mais je ne me suis pas affolé, la saison était encore longue, j’ai donc pris chaque course comme elle venait, sans oublier que le podium était à chaque fois jouable… En Ecosse, je termine au pied du podium et je commence a me dire que ça peut être une bonne saison pour moi. J’enchaîne ensuite plusieurs top 5  et finis 5e du général final.

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Pensais-tu sincèrement pouvoir réaliser de tels résultats internationaux ?

Non, je ne pensais vraiment pas pouvoir me battre dès cette année pour le podium ! Je suis encore jeune et je manque d’expérience par rapport à beaucoup de pilotes du circuit, alors je m’étais fixé comme objectif de faire quelques top 10… mais j’étais loin de penser que j’allais y rentrer 5 fois sur 7 courses. Cela dit, en 2014, il manquait Jey Clémentz, Fab Barel et Nico Vouilloz. Ca aurait été cool de voir ce que j’aurais fait avec le gratin mondial au grand complet, mais bon, c’est un sport dangereux, et d’une certaine façon ça rassure de voir que même les meilleurs vont au tat.

Et pourtant, tu t’es mis assez tard à l’enduro. Parle-nous de ton parcours VTT.

J’ai commencé le VTT à l’âge de 11 ans, quand j’ai entendu parlé d’une course dans mon village. C’était une manche du TRJC (XC et descente), j’ignorais totalement ce que c’était et je ne faisais pas de vélo, mais ça m’a donné envie, alors je me suis inscrit au club de Levens et c’était parti. J’ai même gagner la course en benjamins. A partir de là, j’ai fait toute les manches du TRJV et je me suis qualifié au TFJV cinq fois d’affilée. Arrivé en cadet, je n’avais plus l’âge, alors il a fallu trouver une autre discipline.

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Qu’est-ce qui t’a mené vers l’enduro ?

A cette époque, l’enduro commençait à prendre beaucoup d’ampleur dans la région. C’était fun et ça permettait de rouler avec les potes. J’ai découvert cet univers en 2007, en tant qu’ouvreur du rallye de mon village, à Levens. C’est aussi à cette époque que le 1001 Enduro Tour voyait le jour. Alors dès que j’ai eu l’âge minimum requis, je me suis lancé et j’ai fait toutes les courses. Je finissais régulièrement dans le top 20, jusqu’au jour où j’ai gagné un scratch. C’était à Roubion en 2010. Et à partir de là, il y a eu comme un déclic. J’ai multiplié les podiums et j’ai commencé a me rendre compte que c’est une discipline qui me convenait, où tu dois être un pilote complet et où, surtout, tu prends beaucoup de plaisir sans vraiment te prendre la tête.

Retour en 2014, où tu as, en plus de tes beaux résultats sur les EWS, décroché un 3e titre sur l’Urge 1001 Enduro Tour… Un record qui clot à merveille tes années de “formation” sur les épreuves régionales. Quel souvenir vas-tu garder de cela ?

Le 1001 Enduro Tour, c’est d’abord l’école où j’ai pour ainsi dire appris l’enduro. Ce sont aussi des événements avec une super ambiance familiale où on a toujours beaucoup de plaisir à rouler et à retrouver tous les copains. Aujourd’hui, ce n’est plus un objectif principal pour moi comme auparavant, mais je n’oublis pas d’où je viens et je suis toujours heureux de pouvoir participer aux épreuves 1001, pour ma préparation hivernale ou pour me changer les idées et rouler juste pour le fun quand je reviens des courses “sérieuses”.

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N’es-tu pas blasé de rouler à la maison quand tu reviens de spots comme Whistler ?

Non, au contraire. Maintenant que je fais le tour du globe pour parcourir des kilomètres de chemins, je me rends vraiment compte que ce qu’il y a de plus beau a rouler dans le monde, on l’a dans le 06 ! Je pense d’ailleurs que l’on pourrait faire l’une des plus belles épreuves des Enduro World Series dans les Alpes-Martimes… 

Aura-t-on le plaisir de te voir sur les courses départementales cette année ? 

Malheureusement, je ne pourrai pas participer à toutes les manches du coin en 2015. J’ai essayé de courir sur les deux tableaux l’année dernière et je l’ai payé en fin de saison. Je suis donc obligé de sélectionner mes objectifs maintenant. Je ne ferai donc pas toute la saison azuréenne, mais je serai présent a Levens, car c’est à domicile et aussi en souvenir de notre ami Mathieu qui nous a quitté le lendemain de l’édition 2014. Pour la suite, je ne sais pas encore précisément lesquelles je ferai, mais ça me tient a cœur d’être présent quand je le pourrai, et j’aimerais bien faire ouvreur sur certaines manches, pour ne pas me mettre la pression.

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Du coup, qui est selon toi le mieux placé pour te succéder au palmarès de l’Urge 1001 Enduro Tour ?

Il y a beaucoup de monde qui pousse au portillon, comme Valentin Escriou, qui finit 2e derrière moi en 2014 et qui s’entraîne sérieux cette année (malheureusement, il s’est blessé il y a 3 semaines, il en a pour environ 2 mois mais rien n’est perdu) ; ou encore Adrien Dailly, qui est rentré dans une structure sérieuse en 2015 (voir notre news sur son arrivée chez Lapierre) et qui devrait continuer à monter en puissance, comme on l’a vu sur la dernière manche 2014 à Gourdon.

Quant à toi, c’est plein gaz sur les Enduro World Series donc. Avec quel objectif en vue : une victoire peut-être ?

Oui, je repars sur toute la saison EWS, ainsi que quelques coupes de France. Mais mon objectif ce sont vraiment les EWS. J’aimerais monter plusieurs fois sur le podium cette année. Je signe de suite pour reprendre un top 5 au général, mais on va tout faire pour aller chercher le podium. Et si en plus je peux gagner une course, ce serait le top!

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Quoi de neuf dans ton entrainement pour satisfaire ces ambitions ?

On a regardé mes points faible avec Laurent Solliet pour pouvoir bosser ça au mieux durant l’hiver. Le fait qu’il ait monté son Extrain Center me permet de le voir plus facilement et qu’il soit toujours là quand je m’entraine. On travaille plus qualitativement ainsi. 

Photos © Greg Germain (1001sentiers), Matt Wragg (Enduro World Series)

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